Voiture, Vincent (1597 - 1648)

Poète galant, épistolier. Membre de l’Académie française dès 1634. Il est présenté par Perrault, dans Le Siècle de Louis le Grand comme un poète que le temps consacrera au « haut rang d’honneur ». S’il est qualifié de « tendr[e] Voitur[e] », c’est qu’il est un représentant éminent du courant galant ; la galanterie de ses œuvres est l’occasion pour l’Abbé de rendre compte de la supériorité des auteurs modernes sur les auteurs antiques qui « n’ont point parlé avec cet air fin, délicat et spirituel qui se rencontre dans les ouvrages des Voitures, des Sarasins […] » (III, p.189). La galanterie apparaît véritablement comme une valeur pour les Modernes, parfaitement exemplifiée par Voiture. Ses qualités d’épistolier sont notées par l’Abbé qui, répondant au Chevalier qui se demande s’il se trompe en préférant les lettres de Voiture à celles de Sénèque, de Pline et de Cicéron, déclare « qu’il n’y a rien de faux dans ce qu’il pense, il raisonne toujours conséquemment, et tout y est fondé jusqu’aux moindres bagatelles » (II, p.146-147). Voiture incarne les poètes modernes, originaux, qui ne s’appuient plus sur l’héritage antique pour composer : « Voiture ne s’est formé sur personne, c’est un original s’il y en eut jamais » (II, p.146). L’Abbé, représentant des Modernes, se dit prêt à comparer une lettre de Voiture (lettre d’éloge du cardinal de Richelieu, dont un extrait est inclus dans le Parallèle, II, p.359) à la plus belle de Cicéron, pour prouver la supériorité du galant sur l’antique. Enfin la référence à Voiture est motivée par une réflexion de l’Abbé, qui veut opposer au Président l’idée que, si les auteurs Modernes reprennent effectivement les « ornements de la fable » utilisés par les auteurs antiques, ce n’est pas dans une attitude de « servile imitation », mais parce qu’ils leur donnent un « tour nouveau », qui confère au œuvres « la même grâce que dans les ouvrages de ceux qui s’en sont servis les premiers » (III, p.17). [ABM]

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