Racine, Jean (1639 - 1699)

Poète dramatique, auteur de onze tragédies (dont neuf profanes et deux sacrées) et d’une comédie. Membre de l’Académie française (dès 1673). Élevé dans les Petites Écoles de Port-Royal, il se brouille temporairement avec ses anciens maîtres, après que l’un d’entre eux, Pierre Nicole, dans ses Lettres visionnaires, déclare qu’« un faiseur de romans et un poète de théâtre, est un empoisonneur public, non des corps mais des âmes des fidèles ». Il est fait historiographe du roi en 1677 avec son ami Boileau. Racine intervient indirectement dans le Parallèle, à l’occasion de la mention par Perrault, dans la préface, de l’Histoire poétique de la guerre nouvellement déclarée entre les Anciens et les Modernes (1688), de François de Callières qui paraît après la lecture du Siècle de Louis le Grand à l’Académie française, et qui fait l’éloge de Racine et de Boileau, considérés comme des « grands Modernes ». Pour Boileau, Racine est l’auteur contemporain qui semble incarner le mieux la modernité face à Quinault. Il développe son admiration pour Racine, héritier pour lui du sublime longinien, dans l’Épitre VII et dans ses les Réflexions critiques sur Longin. À la fin du chant I de son Art poétique, ou encore dans la Satire III, Boileau se moque de Quinault, qui passe pour l’auteur du genre à la mode, le livret d’opéra. Pour Perrault, cette critique de Quinault est un « sentiment contraire au [sien] » (I, p.VII). Perrault considère que c’est Quinault qui représente le mieux la modernité littéraire. En ce sens, l’Abbé s’adonne à une véritable « apologie » de Quinault et de sa production d’opéras, dans le tome III du Parallèle (p.237-242). [ABM]

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